Aristée

Aristée

13 juin 2007

EPOUX RIPOUS

 PERSONNAGES

 LUC VIDAL 45 ans, genre nouveau riche

 JEANNE VIDAL45 ans sa femme

 ANNA BORI 40 ans

 ROBERT BORI 45 ans mari d’Anne

 BOB 10 ans, fils d’Anna et Robert

 L’Agent immobilier

 

 

 Le rideau se lève sur une dépendance de ferme.

 Sur la gauche, des ballots de paille. Un peu partout, disséminés sur le sol, une brouette, deux grosses cuves de vin, des harnachements de chevaux, une bicyclette retournée les roues en l’air. Au fond à droite dans un encadrement de porte de dimensions normales, une vieille porte en bois qui vient à mi hauteur.

 Lorsque le rideau est levé, Une femme entre par la demie porte, et vient à l’avant scène sur la gauche ;

 JEANNE

 La pièce que nous allons avoir le plaisir de jouer devant vous, a été écrite par Aristée. Moi, je suis Jeanne, la compagne de Luc.

 Entre alors par la demie porte, un homme d’une quarantaine d’année. Il vient se placer à la gauche de Jeanne

 LUC

 Cela se passe en France, à notre époque. Moi, je suis Luc, le compagnon de Jeanne

  Entre à son tour, Robert, à peu prés du même age. Il vient se mettre à gauche de Luc.

ROBERT

 La tête tournée vers Luc

 Tu as oublié de dire ou nous sommes exactement. (Refaisant face au public)Nous nous trouvons dans un tout petit village du Vaucluse, à coté d’Orange.. Moi, ROBERT ,  je suis le mari de Anna

 Toujours par la demie porte, entre une jeune femme plus jeune, qui vient à la gauche de Luc

 ANNA

 Pour l’instant, l’endroit ou nous nous trouvons est en vente. Je pense que vous l’avez deviné, je suis la femme de Robert. Je m’appelle Anna. Je suis une amie d’enfance de Luc

 Entre un garçonnet d’une dizaine d’annèes  Bob

 BOB

 Je ne sais pas si ça va vous plaire. Mais moi, ça me botte de jouer la comédie. Je suis Bob, le fils de Anna, et….un petit peu , de Robert

 ROBERT

 Comment ça : « un petit peu » ?

 BOB

 Ben, moi, j’en sais rien . Bon. Je suis le fils de Robert, si vous voulez. D’ailleurs, il est chouette !

 ROBERT ( au public )

 Il et curieux ce gamin ! Enfin, il n’a pas tout à fait tort.

 Entre un homme qui vient se placer à gauche de Bob, au bout de la rangée.

 L’HOMME

 Moi, mon rôle est de vendre cette petite propriété. Comme je suis un très bon vendeur, mon rôle sera très court. Pas la peine de vous dire mon nom. Je suis l’agent immobilier. L’auteur gentiment pour allonger mon texte, ma demandé de vous dire de patienter quelques secondes. La pièce va commencer.

 Le rideau tombe, le temps que les acteurs évacuent la scène.

 Lorsque le rideau se relève, la scène est vide.

 La demie porte s’ouvre et entrent l’Agent immobilier, Jeanne et Luc.

 L’AGENT IMMOBILIER

 Et voici une petite dépendance. Vous constaterez qu’elle est bâtie en pierre et peut offrir de multiples possibilités. Par exemple, si vous le désirez, vous pouvez installer une unité de logement indépendante pour des amis….

 JEANNE

 Ah, non !!!Pas question. Si j’ai bien compris, dans la maison il y a déjà 4 chambres, c’est bien suffisant. Lorsqu’il y a trop de possibilités de logement, toute la famille, les amis, enfin, tous les pique assiettes se précipitent chez vous

 L’AGENT IMMOBILIER très accommodant

 Oh, ça, Madame, vous n’avez pas tout à fait tort. Lorsqu’il y a trop de chambres, c’est fou ce que les gens viennent pour les remplir. Ce doit être naturel sans doute : La peur du vide ( il rit  à ce qu’il croit être un bon mot)

 Oui…bon. En tous cas, à défaut de chambre vous pourriez faire là un petit salon d’été par exemple. Et surtout, ne perdez pas de vue, que ce bâtiment, c’est pratiquement un cadeau. Le prix que je vous ai demandé, est le prix de la maison. Ce bâtiment c’est pour vous du bonus ;;

 LUC

 Le prix que vous demandez pour la maison n’est pas un cadeau, et si cette masure est un cadeau, c’est un cadeau bonux, cela n’a aucune valeur. Que voulez vous que je fasse de cette écurie

( A suivre)
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EPOUX RIPOUS suite 1)

 L’AGENT IMMOBILIER

 Permettez , permettez, ce n’est pas une écurie. C’est une dépendance, et vous pouvez fort bien, Madame aura l’imagination nécessaire, en faire un séjour très plaisant

 LUC

 Ouais ! Il faudrait beaucoup , beaucoup d’imagination

 JEANNE

 Mais Luc, puisque le Monsieur dit que c’est un cadeau. La maison me plait bien, et puisque l’on ne payera pas, ce n’est pas grave si ce bâtiment ne te plait pas. On le fera démolir, et c’est tout

 LUC

 Ma pauvre Jeanne, tu crois que ce bâtiment est gratuit ? Mais il est compris dans le prix total et crois moi, ce prix est bien supérieur  à celui d’une maison analogue dans la région... Non, décidemment vous êtes trop cher.

 L’AGENT IMMOBILIER

 Vous devriez bien réfléchir, Monsieur et réfléchir très vite, car je ne l’aurai pas longtemps à la vente. Je vous assure que c’est une affaire. Vous vous rendez compte : tous les bâtiments sont en pierres,. La maison est habitable presque immédiatement : un coup de peinture sur les murs, et c’est tout. Vous avez 3.500m.2 de terrain, une source et un puits. Cherchez, cherchez dans la région vous ne trouverez pas une affaire comparable

 LUC

 Bien sur, vous faites valoir la marchandise, mais c’est cher. Si vous voulez que nous arrivions à un accord, il faudra revoir le prix.

 L’AGENT IMMOBILIER

 Ecoutez, je vais vous parler franchement. Si j’avais les moyens, je ne chercherais pas d’acheteur. C’est moi qui l’achéterais, et après quelques menus travaux, je la revendrais avec 50% de bénéfices

 LUC

 Si vous l’achetiez, vous ne l’achéteriez pas à ce prix. Non, vraiment..

 JEANNE le coupant

 Luc, souviens toi des deux maisons que l’on nous a fait visiter hier, les prix étaient à peu prés comparables, mais les maisons ne valaient pas celle-ci

 L’AGENT IMMOBILIER

 Excusez moi, Monsieur, mais c’est Madame qui a raison. C’est vraiment une affaire

 LUC bougonnait

 Une affaire, une affaire…Oui ! Une affaire pour vous ! ( se tournant vers sa femme) Décidemment, toi, tu n’as pas la bosse des affaires.

 Après un instant

 LUC (comme s’il venait de faire un effort violent)

 Bon. Cette maison te plait. C’est entendu. ( se tournant vers l’Agent immobilier) Si vous me faites un rabais de 10% je vous signe immédiatement un compromis de vente.

 L’AGENT IMMOBILIER

 Je ne peux prendre sur moi cette importante remise…..

 LUC ( voulant faire un mot)

 Tiens au fait, je vous la laisse cette remise si vous voulez

 L’AGENT IMMOBILIER

 Monsieur plaisante. C’est un tout. Si vous me permettez, je vais téléphoner au propriétaire et je reviens très vite vous donner sa réponse.

 L’Agent immobilier sort son portable de sa poche et va téléphoner de l’extérieur.

 LUC

 Décidemment ma pauvre Jeanne, tu n’es pas douée pour les affaires. Tu avais bien besoin de dire que nous avions visité deux maisons à peu prés au même prix, et qui sont loin de valoir celle là. A l’avenir, quand je ferai une transaction, je te le demande, n’ouvre pas la bouche. En aucun cas !

 JEANNE

 En parlant d’ouvrir la bouche, j’ai une de ces faims !! En tous cas, toi, l’homme d’affaires, débrouille toi comme tu voudras, mais je veux cette maison. Elle me plait énormément. Je n’en veux pas d’autre !

 LUC

 Laisse faire le bonhomme, chérie ! Et ne te mêle de rien.

 ( Il regarde autour de lui)

  Bien sûr, on pourrait faire ici un salon rustique….non, nous l’appellerons salon campagnard. Les amis en auront plein la vue. Oui décidement, elle n’est pas mal du tout.

 Luc fait le tour du local, et l’Agent Immobilier rentre*

 L’AGENT IMMOBILIER

 Excusez moi de vous avoir fait attendre, mais le téléphone du propriétaire était occupé. Il avait au bout du fil, un éventuel client qui doit venir visiter si nous ne faisons pas affaire. Je suis désolé, mais bien entendu, le propriétaire ne désire pas revenir sur son prix. Vous comprenez…

 LUC

 Oui, oui, je connais le truc. A moi, on ne la fait pas. Ce client éventuel, vous venez de l’inventer. Mais ça n’a pas d’importance, vous avez de la chance, nous ne pouvons rester longtemps dans la région, et nous sommes preneurs. Nous allons signer un compromis de vente. Attendez nous dans la voiture, ma femme et moi nous allons rester un peu ici pour jeter un dernier coup d’œil.

 L’Agent Immobilier sort.

 JEANNE ( moqueuse)

 Tu vois, j’ai laissé faire le bonhomme………Un sacré homme d’affaires, hein ?…. Et tu n’as pas tiré un centime de rabais……

 LUC

 Tu n’y connais rien en affaire. Et cette maison, crois moi, c’est une affaire. Donc j’achète, sans perdre la face : Je lui ai dit que je n’étais pas dupe de son petit jeu qui consistait à inventer un autre acheteur. Oui nous faisons une bonne affaire, et crois moi, de cette misérable remise, je ferais un très joli salon campagnard. C’est ça, avoir le sens des affaires !

 Tiens tu vois, ici, je mettrai…..

 Le rideau tombe.

( A suivre)
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EPOUX RIPOUS suite 2)

 Lorsque le rideau se lève, la dépendance a été transformée en salon, avec un parti pris un peu ridicule de rusticité.

 Deux ballots de paille forment le siège d’un canapé, dont le dossier est constitué par deux ballots surmontés de deux autres ballots. Le «  canapé » est recouvert d’une couverture, assez petite pour que l’on voie bien la paille.

 La vieille bicyclette a été suspendue au plafond et transformée en lustre. Les ampoules sont fixées sur les roues. Des harnais et des renes sont suspendus contre les murs. Dans les deux cuves, des portes en douves ont été aménagées. La demie porte d’entrée a été remplacée par une porte entière en planches non dégrossies. La scène est vide.

 On laisse quelques secondes pour que les spectateurs puissent détailler le décor, puis la porte s’ouvre et entrent Luc, une jeune femme, et un garçon d’une dizaine d’annèes .

 LUC

 Et voici mon salon campagnard ! Qu’en penses tu Anna ?

 ANNA

 C’est magnifique !! Quel goût ! Tu aurais dû être décorateur Luc ! Je ne te connaissais pas ce don !

 BOB

 C’est débile ! ( Il s’assied sur le «  canapé ») et pour le confort ! Ils sont chouettes les ressorts !

 ANNA

 Bob !! Arrête de dire des bêtises ! Tu n’y connais rien ! Luc est un grand décorateur ! Tu es trop petit pour en juger

 BOB

 Trop petit ? Tiens, viens t’asseoir Maman, et dis moi si c’est confortable ce truc en paille

 ANNA

 Je te demande de te taire ! Tu es un petit garçon mal élevé !

 BOB

 Moi, je veux bien. Mais c’est toi qui m’as élevé !

 ANNA ( à LUC)

 Excuse le, Luc. Il faut toujours qu’il fasse le malin. Moi, je te le dis, il est très agréable et plein de fantaisie ton salon campagnard.

 LUC (condescendant)

 Tu comprendras plus tard, mon garçon !

 Viens voir, Anna. Tu vois cette cuve ?

 ANNA

 Oui. Elle est magnifique.

 LUC

 Magnifique, oui, mais fonctionnelle aussi. Regarde ( il ouvre la porte d’une cuve A l’intérieur il y a le réfrigérateur. ( il ouvre la porte de la seconde cuve) et là, la télévision !

 BOB

 Fonctionnel, tu parles ! Pour aller dans le frigo , il faut ouvrir deux portes !! !

 ANNA

 Tu m’énerves, Bob. Sors d’ici. Tu m’énerves !

 BOB

 OK. Je peux aller regarder la télé, Monsieur ?

 ANNA

 On ne dit pas la télé. On dit la télévision !

 LUC

 Oui. Vas mon garçon !

 Bob sort

 ANNA

 Excuse le Luc, il est à l’age ingrat

 LUC

 Mais ce n’est rien Anna ! On ne peut demander à un garçonnet d’avoir le goût du beau. Tiens !, moi, aussi extraordinaire que cela puisse paraître aujourd’hui, hé bien à son age, je n’avais pas le sens de l’esthétique. Le goût du beau n’est pas inné. Il faut l’acquérir.

 ANNA

 Tu as bien raison !

 ( Un petit moment de silence)

 Il y a combien de temps que nous ne nous étions plus revus ?

 LUC ( réfléchissant)

 Hé bien…c’était juste «  avant » ; Cela doit faire dix ans. Oui, 10 ans, ça file le temps. Tu es mariée depuis quand ?

 ANNA

 Remariée…il y a deux ans. Bob est le fils que nous avons eu avec mon premier mari.

 LUC

 Il a l’air sympathique ton nouveau mari  Moi cela fait un an que je suis avec Jeanne.

 ANNA

 Oui. Je ne me plains pas. Robert est facile à vivre. Et puis, je ne sais pas si c’est parce qu’ils portent le même prénom, mais lui et mon fils s’entendent bien

 LUC

 Ah ! Ca, c’est très important

 ANNA

  Le crois que ça ne va pas te faire plaisir, mais Robert est commissaire de police.

 LUC

 Quoi ? Ah, zut !.

 La porte d’entrée s’ouvre et un homme décontracté sympathique, pénètre dans la pièce

 ROBERT

 Bob m’a dit que vous étiez là. ( Il regarde autour de lui) Ah ! C’est bien. Vous avez tiré partie de ce vieux bâtiment…C’est….original

 LUC

 Oui, hein ?

 ROBERT regarde longuement Luc)

 C’est curieux. Depuis tout à l’heure, je suis certain de vous avoir déjà rencontré. Et votre voix non plus ne m’est pas étrangère…Voyons…Beyrouth ??Je crois que c’est ça, nous avons dû nous rencontrer à Beyrouth .

 LUC

 Euh….Je ne suis jamais allé à Beyrouth. J’ai évidemment beaucoup voyagé..Mais à Beyrouth, non.

 ROBERT

 Ah ? Cela ne fait rien. Cela me reviendra. Ma femme me dit que vous vous  connaissez depuis longtemps.

 LUC

 Il y a surtout longtemps que nous ne nous sommes pas vus. 10 ans, vous vous rendez compte..Ca file, le temps…Oui, nous nous sommes connus d’abord au lycée, puis nous sommes restés une dizaine d’annèes sans nous voir, et nous nous sommes retrouvés dans la même Société d’assurances, pendant 2 ans. C’est bizarre la vie hein ?

 ROBERT

 Oui. Anna m’a dit avoir retrouvé votre adresse par internet, et comme en partant en vacances, nous passions tout à coté…

 LUC

 Vous avez bien fait. Ca me fait plaisir de te revoir, Anna ( se tournant vers Robert) et je suis heureux de faire votre conaissance.

  ( A suivre)
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EPOUX RIPOUS (3)

 ROBERT

 Je reste persuadé que nous nous sommes déjà rencontrés. Etes vous allé en Afrique Noire ?

 LUC

 Non. Mais vous faites erreur. J’ai une mémoire extaordiinaire. Si nous nous étions rencontrés, je m’en souviendrais

 ROBERT

 Pourtant….Vous m’avez dit que vous aviez rencontré Anna dans une compagnie d’Assurances. Vous êtes toujours dans cette branche ?

 LUC

 Non. Depuis 10 ans je suis ……dans le fret maritime.

 ROBERT

 Le fret maritime ? Attendez, attendez…..mais…oui, j’y suis. Nous nous sommes vus à Marseille….mais…c’est curieux …vous ne vous appeliez pas Vidal….Leconte…c’est ça, vous vous appeliez Leconte…..

  LUC ( manifestement gêné)

 Mais qu’est ce que vous racontez ? Je m’appelle Vidal. D’ailleurs votre femme peut vous le confirmer. N’est ce pas Anna

 ANNA

 Mais bien sur, tu es Luc Vidal. ( A son mari) Mais pourquoi dis tu que tu l’as rencontré sous un autre nom ? C’est idiot…..

 LUC

 Oh non, ce n’est pas idiot ! Je sais d’autant plus que ce Monsieur s’appelle Leconte( ou du moins il s’appelait Leconte) que je l’ai arrêté à Marseille sous ce nom.

 LUC

 Mais…qui êtes vous ?

 ROBERT

 Je suis le commissaire Bori. Mais je n’étais qu’Inspecteur lorsque je vous ai arrêté à Marseille pour trafic de drogue. Peu après votre arrestation j’ai été nommé à Paris, si bien que je n’ai pas suivi votre dossier. Vous êtes déjà libéré ? A combien avez-vous été condamné ?

 LUC ( qui joue faux)

 Mais enfin, c’est un monde, ça !!Vous venez m’insulter chez moi, je ne peux pas l’admettre. Anna, tu voudras bien m’excuser, mais je vous demande de sortir d’ici ! C’est vrai, ça ! C’est insensé. Venir me dire que je ne suis pas moi, et inventer des histoires de brigand…je ne te félicite pas ma pauvre Anna.

 ROBERT

 Doucement, doucement, Monsieur. Vous vous rendez bien compte qu’il me suffit de donner un coup de fil à un ancien collègue à Marseille pour tout savoir sur vous. Réfléchissez. Vous ne voulez pas vous expliquer tout de suite ?

 LUC ( abattu, et après un moment de silence)

 Bon. Ca va. J’ai pris 10 ans ….mais j’ai été libéré après 7 ans, il y a deux ans.

 ROBERT

 Sous quel nom avez-vous été condamné ? Et maintenant, quelle est votre activité ?

 ANNA

 Mais enfin, qu’est ce que c’est que cette histoire ? Je connais bien Luc, il s’appelle bien Vidal, et c’est un garçon honnête

 ROBERT

 Ma chérie, ce garçon honnête dont tu parles est un individu dangereux

 LUC

 Dangereux, dangereux….Je n’ai jamais tué personne !

 ROBERT

 Qu’en savez vous ? Vous vendiez de la drogue, et des drogues dures. Vous n’avez jamais entendu parler des overdoses ?

 LUC

 Je n’en suis pas responsable ! Le terme même d’overdose signifie que les victimes ont fait des erreurs. Je n’y suis pour rien. Moi je faisais du commerce, et c’est tout !

 ROBERT

 Je ne vais pas entamer une discussion avec vous sur ce sujet. Vous ne pensez pas ce  que vous dites. Si vous en avez pris pour 10 ans, il doit bien avoir une raison, non ?

 Mais vous n’avez pas répondu à mes questions : Sous quel nom avez-vous été condamné, et quelle est votre activité en ce moment ?

 LUC

 J’avais pris…un pseudo, pour mon commerce. Mais j’ai été condamné sous mon vrai nom.

 ROBERT

 Et puis ?

 LUC

 Et puis quoi ?

 ROBERT

 Je vous ai posé deux questions. Quelle activité exercez vous ?.

 LUC

 Je suis toujours …dans le fret maritime.

 ROBERT

 C'est-à-dire que vous avez repris vos activités d’avant votre arrestation,

 LUC

 Oui….Non….je m’occupe de fret maritime….Mais , .dans un cadre légal.

 ROBERT ( goguenard)

 Un cadre légal, hein ? Et vous gagnez bien votre vie ?

 LUC

 Je ne me plains pas

 ROBERT

 Et c’est avec le pécule que vous avez gagné en prison, ou bien est ce avec ce que vous avez gagné depuis que vous avez pu acheter cette propriété ?

 LUC

 Ecoutez. J’ai fait une bêtise. J ‘ai payé la société. Maintenant je suis en règle. Par ailleurs, vous m’avez dit que vous partiez en vacances, ce n’est donc pas le commissaire qui est ici, et pour ces deux raisons, vous n’avez pas à me poser de questions

 Après un moment de silence

 ROBERT

 Anna, ma chérie, peux tu nous laisser un moment. Monsieur et moi, nous avons à nous parler.

 ANNA

 Bon, je vais sortir. Mais ne vous disputez pas. Je suis certaine que si Luc a eu des ennuis, il a de bonnes explications

 ROBERT ( la poussant vers la sortie)

 C’est ça, c’est ça. !! Il a de bonnes explications et il va me les donner, Va ma chérie.

 Anna sort et Robert revient vers Luc.

 ROBERT

 Bon. Nous allons parler sérieusement et franchement. Avec quoi as-tu ( tu me permets de te tutoyer ?) cette belle propriété.

 LUC

 Je vous ai déjà dit que je n’avais pas à vous répondre.

 ROBERT

 Tu as dit, tu as dit. Mais ce que tu dis n’est pas parole d’évangile. Alors c’est moi qui vais parler. Si je me trompe, dis le moi.

 Lorsque tu as été arrêté, il y avait des années que tu faisais ton petit commerce. Il m’est facile de me renseigner pour savoir le montant des capitaux qui ont été retrouvés après ton arrestation. Je suis certain, qu’une grosse partie du magot était cachée, bien à l’abri, peut être en Suisse

 LUC

 Je n’ai pas à vous répondre.

( A suivre)
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EPOUX RIPOUS suite 4 et FIN)

 ROBERT

 C’est vrai, Luc. C’est vrai. Mais, en revanche, j’ai toutes  possibilités de faire reprendre ton affaire. Et il faudrait bien alors que tu dises avec quoi tu as acheté cette maison.

 LUC

 Pourquoi feriez vous ça ?

 ROBERT

 Pourquoi ? Mais, mon cher, parce que j’aime la justice.

 Un moment de silence

 LUC

 Vous avez dit que vous pourriez faire reprendre l’affaire. Y a-t-il une possibilité pour que vous ne le fassiez pas ?

 ROBERT

 Peut être, peut être. Dis moi tout, et je verrai…

 LUC ( prudemment)

 Vous voudriez….un dédommagement ?

 ROBERT

 Un dédommagement ? Non. D’ailleurs, je n’ai subi aucun dommage. Disons plutôt…une part

 LUC ( un peu soulagé)

 Une part ?une part…oui pourquoi pas. Je ne veux pas retourner en prison. Nous allons peut être trouver un arrangement.

 ROBERT

 Parlons clair. Combien avais tu mis de coté, et ou ?

 LUC

 Les choses sont plus compliquées que vous ne le croyez. Il n’y a pas que vous et moi. Il y a une autre personne.

 ROBERT

 Une autre personne ? Est elle sortie de prison ?

 LUC

 Non. Elle est passée à coté. Grâce à moi. J’ai tout pris sur moi..

 ROBERT

 Et…avec cette personne, le partage a été fait ?

 LUC

 C'est-à-dire, que…Pas encore…

 ROBERT

 Ecoute moi bien, Luc. J’en ai marre de toutes ces réticences. Alors parlons net. A combien se montait le magot ?

 LUC

 En Euros, cela faisait à peu prés ..6 millions

 ROBERT

 Bigre !!!Et qu’as-tu acheté ?

 LUC

 Uniquement la propriété…et de quoi vivre.

 ROBERT

 Tache d’être précis. Combien reste t il ?

 LUC

 5 millions à peu prés.

 ROBERT

Oh, mais tu es très économe. Donc nous sommes trois pour ces 5 millions.

 A ce moment là, Anna entre

 ANNA

  J’ai tout entendu. Bienvenu dans le groupe, Robert. Je suis heureuse que tu soies avec nous

 ROBERT

 Quoi ? Que dis tu ?

 ANNA

 Je dis que je suis heureuse de te savoir avec nous. Un commissaire de police, c’est toujours intéressant dans ce genre d’affaire. Vois tu, mon chéri, Luc et moi, sommes pratiquement toujours resté en contact depuis notre adolescence. C’est en travaillant ensemble que nous avons ramassé le magot. Ce n’est pas par hasard que nous sommes ici. Robert a fait de la prison et ne m’y a pas entraînée. Nous avions décidé qu’à sa sortie, en fin de compte, il aurait 2 tiers et moi un tiers du magot. Mais il ne fallait pas se précipiter. Il a attendu un peu, a acheté cette propriété, et comme rien ne bouge, nous avons décidé de procéder au partage maintenant.

 ROBERT

 Comment, toi ? Comment as-tu pu faire ça ? Tu as fait du commerce de drogue, toi ?

 ANNA

 Holà, holà ! Doucement ! Pour les leçons de moral un commissaire Ripou n’est pas très crédible !

 LUC

 Vous ne croyez pas que le moment est venu de parler sérieusement ?

 L’argent est en effet sur un compte en Suisse. Pour retirer de l’argent, il faut deux signatures. Celle d’Anna et la mienne.

 Je vous propose de partager de la façon suivante ; Pour moi qui ai pris les plus gros risques, et suis allé seul en prison : 3 millions d’euros. Vous partagez le reste soit un peu plus de un million d’euros chacun.

 ANNA

 Pour moi, c’est d’accord. Je suis très heureuse que Robert soit avec nous. Je ne savais comment faire. Et puis, un commissaire de police, c’est intéressant.

 ROBERT

 Et la propriété ?

 LUC

 Quelle propriété ?

 ROBERT

 Et bien ici. Elle est à ton nom. Alors la propriété plus trois millions, ça fait beaucoup.

 LUC

 Puisque tu me tutoies, je peux en faire autant. Alors, qui a fait tout le travail ?…sans compter la prison ? Toi tu arrives en dernier, tu n’as qu’à ramasser la galette.

 ROBERT

 Oui, mais sans mon ….concours, vous n’auriez pas un centime, ni l’un ni l’autre.

 ANNA

 Mais mon chéri, nous aurons deux millions à nous deux, nous pourrons en faire des choses !

 ROBERT

 Bon. C’est d’accord.

LUC

 Et moi, pour te marquer ma confiance, je te donne le numéro et l’adresse du compte ( il écrit sur un morceau de papier et le donne à Robert.

 Je propose que nous allions à Zurich tous les trois, la semaine prochaine. Ma signature et celle d’Anna sont nécessaires, et nous ferons le partage la bas. Vous êtes d’accord ?

 ANNA

 D’accord

 ROBERT

 D’accord

 Une voix venant d’en haut

 Pas d’accord !!!!!!!

 A ce moment là, descendant d’un escalier invisible de la salle, Jeanne arrive en scène, un revolver à la main

 JEANNE

 Hauts les mains, tous les trois !!!

 Ils s’exécutent

 LUC

 Mais…Ma chérie

 JEANNE

 Il n’y a plus de «  ma chérie » Ouf !! Qu’elle a été longue cette annèe avec toi, mon salaud ! Si je n’avais pas été soutenue par la haine…Oui, ma petite sœur a été tuée par une overdose .Depuis, je travaille pour le Service de lutte contre les stupéfiants. Je te suis depuis longtemps, Luc, et je m’étais jurée d’avoir ta peau. Mes chefs m’ont donné carte blanche pour arriver à mes fins.

 LUC

 Mais enfin, tu ne peux pas faire ça, après tout ce que nous avons vécu

 JEANNE

 Tais toi ! Robert, donnez moi ce papier que vous avez à la main ( elle le regarde rapidement) bien, nous savons maintenant ou est votre magot..

 ( Tout en gardant le revolver pointé sur les trois personnages, elle sort de la main gauche un portable)

 Asseyez vous tous les trois sur ce magnifique divan ( elle désigne les ballots de paille, puis elle fait un numéro) Allo Jacques ? Vous pouvez venir. Ils sont là, je les tiens. J’ai tous les éléments. Je vous attends.

 ROBERT

 Vous ne pouvez faire ça. !!! Nous pouvons discuter…. et vous aurez une part.

 JEANNE

 Toi, le ripou, tais toi ! Tu me fais honte ! Un commissaire de police ! Fais moi confiance, tu seras plus assaisonné que les autres.

 Tu vois Luc, j’avais bien raison de faire aménager le petit pigeonnier là haut. J’ai pu tout entendre et tout enregistrer ce qui a été dit ici depuis le début. Vous êtes cuits…et moi, je vais enfin être libre

 ROBERT

 Ma part, toute ma part ! Je vous offre  toute ma part !!!!

 JEANNE

 Non, Robert. Pour tous, c’est fini. Robert, tu vas aller en prison, après y avoir envoyé les autres. Anna, vous allez également faire un séjour prolongé dans un établissement pénitentiaire, Luc , je pense qu’il y aura des poursuites contre vous pour corruption de fonctionnaire. Cette pièce se terminerait bien s’il n’y avait pas Bob. Le pauvre petit ! Que va-t-il devenir ? Avec ses parents en prison ?

 A ce moment là, le petit Bob entre en scène.

 BOB

 Y a pas de lézard !!

 Bien sur,  l’auteur aurait pu prévoir quelque chose de bien pour moi.

 ( Il s’adresse aux spectateurs)

 Vous comprenez, c’est mon Pape qui a écrit cette pièce. Je lui ai demandé de me donner un petit bout de rôle, parce que plus tard, je veux «  faire acteur ». Alors il m’a dit d’accord, je te donne un petit rôle au début, mais je veux absolument que tu ne te couches pas trop tard. Alors je t’oublierai en route, et tu rentreras à la maison dés ta sortie de scène au début de la pièce. .

 Mais comme moi, je voulais revenir sur scène, je lui ai demandé de pouvoir vous expliquer ce qui s’est passé.

 Ne vous en faites pas pour moi. Anna, n’est pas ma vraie maman, et Robert n’est pas son vrai mari. Mais moi, j’ai de vrais parents, et il faut que je rentre à la maison. La pièce est finie pour ce soir.

 
 Le rideau tombe

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06 mai 2007

LA HAINITUDE

 PERSONNAGES

 Marc Gendre jeune étudiant

 Rémi Vallet jeune étudiant

 Madame Gendre, mère de Marc

 Monsieur gendre, père de Marc

 Madame Vallet mère de Rémi

 Monsieur Vallet père de Rémi

 

 

 

 Le rideau se lève sur un grand studio. Il est occupé par deux étudiants qui au premier coup d’œil sont, à l’évidence, très différents.

 A droite, un lit. Il est défait, les couvertures trainent par terre, une petite armoire dont les portes ouvrtes font voir des vétements suspendus à la «  décrochez moi ça » . Sur une chaise, du linge sale et vers le centre de la scène, un bureau surchargé de livres, de papiers, en désordre.

 A gauche de la scène, les mêmes meubles, mais tous est dans un ordre méticuleux.Le lit est fait, l’armoire fermée,. Rien ne traine sur la chaise, et sur le bureau il n’y a qu’un sous main un porte crayons contenant divers stylos et une pile de 3 ou quatre livres..

 La scène est vide au moment ou le rideau se lève, et, très vite, par la gauche, entre Marc. Il est jeune, très BCBG, pénètre dans sa partie du studio et aperçoit la pagaïe dans la partie occupée par son copain

 MARC

 Mais ce n’est pas possible de vivre dans ce désordre. C’est un chic type Rémi, mais, là, vraiment….regardez moi ça ! le lit n’est pas fait, son linge traine partout, quand à son bureau….je me demande comment il arrive à s’y retrouver.

 ( Rémi entre par la même porte. Il entend les derniers mots de Marc

 REMI

 Ne te fais pas de mauvais sang pour moi ! je m’y retrouve très bien ! Chacun a sa façon de vivre. Tu vois, en ce qui me concerne, je ne pourrais pas vivre dans une ambiance aseptisée, froide…..( Il fait voir son domaine d’une large cercle de son bras droit) Lorsque l’on voit mon petit coin, on sait qu’il est habité ! ( Il se retourne vers son copain et fait voir le domaine de ce dernier) Tandis que «  chez toi », on a l’impression d’être dans un musée.

 MARC

 Pourquoi un musée ? Il n’y a pas de vieilles choses chez moi. Il y a de l’ordre, c’est tout à fait différent !

 REMI

 Bon, bon, ça va ! on ne va pas se disputer. Sur ce plan, nous ne nous mettrons jamais d’accord.

 MARC

 Tu as raison : On ne va pas se disputer. Mais je ne te le cache pas : Ca me gène de voir cette pagaïe, ce désordre…..et puis, ça doit être plein de microbes.. ;

 REMI

 Alors, là, je t’arrète ! Je veux bien être un peu désordre, mais je me lave, je suis propre !

 MARC

 Toi, oui, tu es propre, mais….Bon ! tu as raison, nous n’allons pas nous disputer

 REMI

 Ecoute ! si mon désordre offense ta vue, ce que nous pouvons faire c’est mettre un rideau pour séparer nos deux domaines.

 MARC

 Merci ! Oui, c’est une bonne idée ! comme ça chacun sera chez soi. Nous n’avons qu’un seul loyer et nous serons comme indépendants. ‘( une pause).

 REMI

 Bon. Je vais travailler un peu ( il va s’asseoir devant son bureau saisit un livre et prend des notes)

 MARC

 Je vais en faire autant ! ( il va également s’asseoir devant son bureau, mais au lieu de travailler, il reste la tête en l’air, comme s’il révassait. Au bout d’un instant..)

 Tu es content de ton boulot chez Leclerc ?

  REMI (sans lever la tête, et continuant à travailler)

 Oui. Ca va, Merci, merci ( Un temps, puis il lève la tête et regarde Marc)

 Tu as envie de travailler aussi.

 MARC

 Oh, non !!!Pas question ! Tu es fou !Pourquoi j’irais travailler ?

 REMI

 C’est vrai que tu as de la chance. Tes parents payent ta part de location et te donnent une mensualité

 MARC

 Oui, j’ai plus de chance que toi. Il faut que tu te débrouilles tout seul. Mais cela n’empèche pas…….

 REMI

Cela n’empèche pas quoi ?

 MARC ( hésitant)

 Je parie que tu n’as pas de dettes !

 REMI

 Ben, non ! je n’ai pas de dette. Je fais attention

 MARC

 Faire attention ! faire attention ! Moi aussi j’ai fait attention, et pourtant..

 REMI

 Et pourtant quoi ? Si tu veux me dire quelque chose, dis le !

 MARC ( de plus en plus ennuyé)

 Remarque, je n’ai qu’une dette…mais il faut que je la règle avant demain.

 REMI

 Tu as acheté quelques chose ?

 MARC

 Non. Je n’ai rien acheté. C’est une dette de jeu.

 REMI
 Tu joues, toi ? Mais tu es idiot !!

 MARC

 C’est idiot quand on perd, mais quand on gagne ! Hein ?? ( un temps) Tu as un peu d’argent de coté ?

 REMI

 Un peu, mais pas grand-chose. Je ne gagne pas des fortunes chez Leclerc, alors avec le loyer, les livres et la bouffe…..Tu dois combien ?

 MARC

 3000 Euros !

 REMI

 3000 Euros ? Mais tu es fou de jouer des sommes pareilles ! je ne peux pas t’aider. Comment vas-tu faire ?

 MARC

 Oh, si je voyais ma mère seule ce ne serait pas un problème ! Mais mon père et ma mère vont venir ensemble, et si je demande 3000 euros à mon père…Hou là là !!!Il parlerait de me couper les vivres. Remarque, il ne le ferait pas, mais c’est pour dire…

 ( un moment se silence)

 MARC

 Mais j’y pense, tu pourrais m’aider.

 REMI

 Je te l’ai dit : je suis loin d’avoir 3000 euros…

 MARC

 Ce n’est pas ce que je te demande. Quand mes parents viendront, il faudra absolument que je voie ma mère seule. Pourrais tu occuper mon père. ? Tiens ! j’ai une idée : Tu fais ton droit, et mon père est licencié en droit. Vous pourriez parler de ça, non ?

 REMI

 Je veux bien essayer. Mais quand même, je serais surpris si ta mère t’allongeait 3000 euros, comme ça, sans explication..

 MARC

 Oh, mais ma mère m’aime bien….

 REMI

 La mienne aussi, mais tout de même…..

 MARC

 Ne te casse pas la tête. J’en fais mon affaire. Dis donc, si ça ne te fait rien, nous allons mettre un peu d’ordre chez toi. Il faut que tu fasses une bonne impression à mon père.

 Les deux amis font le lit, debarassent la chaise, ferment les portes de l’armoire, et mettent un semblant d’ordre sur le bureau

  ( A suivre)
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LA HAINITUDE

 REMI

 Tu es sur que tes parents vont venir aujourd’hui ? Parce que sur un bureau rangé en apparence, je ne m’y reconnais plus. J’ai besoin pour travailler d’être dans mon ordre à moi, que tu appelles ma pagaïe….

 On frappe à la porte au fond à gauche

 MARC( A voix basse)

 Tu n’auras pas longtemps à attendre.Ce sont certainement mes parents ! Je compte sur toi !!Amène mon père de ton coté !

 ( Il va ouvrir, et entrent un homme et une femme, élégants l’un et l’autre. Rémi, après les avoir embrassé)

 MARC

 Je vous présente mon ami Rémi qui partage le studio avec moi. Rémi, ce sont mes parents

 ( On se serre la main)

 MADAME GENDRE

 Je vois que vous êtes bien installés. Vous devez bien vous entendre. Je vois, Marc que tout comme Rémi, vous avez le gout de l’ordre

 MARC ( sans rire)

 C’est vrai, Rémi est très ordonné. Presque plus que moi

 REMI (qui ne peut cacher un sourire)

 Tu exagères Marc. Il est impossible d’être plus ordonné que toi.

 MONSIEUR GENDRE

 Le principal est que vous vous entendiez bien. ( s’adressant à Rémi) Alors jeune homme, quelles études faites vous ?

 REMI

 Je fais du droit, Monsieur !

 MONSIEUR GENDRE

 Du droit ? Ah, mais c’est très bien ça ! Moi aussi j’ai fait une licence en droit. Il n’y a pas d’études qui ne soient aussi utiles dans la vie. Même si les connaissances en droit ne sont pas utilisées sur le plan professionnel, dans la vie courante, on a toujours besoin d’avoir une tournure d’esprit de juriste. Avant de signer un bail, un contrat d’assurances etc.. on se félicite de savoir éviter les chausses trappes..Dans quelle matière travaillez vous en ce moment ?

 REMI

 Je fais du Civil, et j’en suis au droit des responsabilités.

 MONSIEUR GENDRE (qui s’est avancé vers le bureau de Rémi)

 C’est un domaine interessant. ARTICLE 1382 et suivants. En droit français, c’est toujours le gardien qui est responsable. Gardien des enfants, des animaux, des biens. Ce sont les gardiens et non les propriétaires

 REMI

 Sauf en ce qui concerne les propriétaires d’immeubles !

 MONSIEUR GENDRE

 Sauf les propriétaires d’immeubles. C’est bien jeune homme ! Vous avez déjà bien assimilé la question.

 ( Pendant que Monsieur Gendre et Rémi discutent) Marc a attiré sa mère de l’autre coté du studio. Il lui parle et l’on voit Madame Gendre faire un chèque et le remettre à son fils, en veillant à ce que son mari ne la voie pas)

 MONSIEUR GENDRE (s’adressant toujours à Rémi)

 Savez vous à quoi vous vous destinez ?

 REMI

 Non. Pas encore. Ce que je sais, c’est que je ne deviendrai pas avocat

 MONSIEUR GENDRE

 Et pourquoi ça ? Le métier d’avocat est varié, gratifiant..

 REMI

 Oh, la raison est simple : Je ne pourrais pas être avocat, parce qu’il me serait impossible de défendre une cause à laquelle je ne croirais pas

 MONSIEUR GENDRE

 Vous êtes un garçon attachant. Je n’ai pas non plus voulu m’inscrire au barreau pour la même raison.

 ( Pendant cette discussion, Marc et sa mère reviennent vers l’avant scène et rejoignent Rémi et Monsieur Gendre)

 MONSIEUR GENDRE

 Alors, et toi fiston, ou en es tu ?

 MARC

 Oh, ça va, ça va ! Je pense que je vais arriver, mais je me demande si je n’ai pas fait une erreur d’aiguillage. J’aime l’ordre et peut être que le Droit aurait été plus dans mes cordes

 MONSIEUR GENDRE

 Tu n’as pas voulu m’écouter ! Tu te rends compte- un peu tard- que j’avais raison. Mais Monsieur ne voulait pas se laisser influence par son père. En tous cas, il est trop tard pour changer. Tu as voulu être médecin, tu seras médecin…..ou infirmier.

 MADAME GENDRE

 ( à son mari)

 Pourquoi es tu désagréable avec cet enfant. Il a toujours réussi à ses examens. Bien sûr il sera médecin, et même spécialiste( à Marc) n’est ce pas mon chéri ?

 MARC

 Bien sûr Maman ! Ne te tracasse pas : je serai médecin.

 MONSIEUR GENDRE

 Nous verrons bien. Bon, il faut que nous y allions ! Nous étions passés ta mère et moi pour voir comment vous étiez installés , et….si vous vous entendiez bien tous les deux. Nous sommes rassurés. Ton camarade Rémi est quelqu’un de bien ( en souriant) d’ailleurs un juriste ne peut être que bien. Allons ! ( s’adressant à sa femme) nous partons ?

 ( Il embrasse son fils, serre la main de Rémi, Madame Gendre embrasse les deux garçons et ils sortent)

 MARC

 Ouf ! tout s’est bien passé. Je te remercie Rémi de m’avoir aidé. Maman m’a fait un chèque et Papa n’y a vu que du feu !!!!

 REMI

 Je n’en reviens pas ! Ta mère t’a fait un chèque de 3000 euros, comme ça ! sans explication ?

 MARC

 Ben quoi ? Je lui ai dit que j’avais besoin de 4000 euros et elle m’a fait un chèque.

 REMI

 De 3000, pas de quatre mille !

 MARC

 Pendant que j’y étais, je lui ai demandé 4000 euros. Ce n’est pas plus long de faire un chèque de 4000 euros qu’un chèque de 3000. Bien d’accord ?

 REMI

 Je n’ai pas à donner ou ne pas donner d’accord. Je suis soufflé, tout simplement !

 MARC

 En tous cas, c’est à charge de revanche. Si tu as besoin d’un service, n’hésite pas à me le demander.

 ( Après un moment de silence)

 REMI

 Demain après midi, mes parents doivent venir . Si ma mère vient seule, ça ira. S’ils viennent tous les deux, je te demanderais le même service. Exactement le même service que celui que je t’ai rendu. Tu tacheras de retenir l’attention de mon père. Il faut que je parle à ma mère.

 MARC

 Ah bon ! Mon exemple t’a inspiré. Tu vas taper ta mère ?

 REMI

 Non. Ce n’est pas tout à fait ça. Mon père est provisoirement au chomage. Moi, j’ai un peu d’économie. Oh pas grand-chose, mais ça peut les aider. Mon père n’acceptera jamais que je leur donne de l’argent. Par amour propre. Maman comprendra beaucoup mieux.

 ( Un long silence)

 MARC

 Rémi, je me sens moche, mais moche. Ecoute ! Tu ne veux pas que je continue à me sentir moche ? Tu es un ami ? Alors voilà : J’ai un chèque de 4000n euros. J’ai une dette incontournable de 3000 euros. Fais moi plaisir, accepte que je te fasse un chèque de 1000 euros pour tes parents.

 REMI

 Merci ;, Marc, tu es un chic type ! mais je crois que je ressemble beaucoup à mon père. Je te remercie mais je ne peux accepter.

 Maintenant, il serait sage que nous nous mettions à travailler. Tu ne crois pas ?

 Marc et Rémi s’installent devant leurs tables- bureaux, et commencent à travailler pendant que le rideau tombe.

( A suivre)
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LA HAINITUDE

MARC ( qui se met en colère)

 Ah ? Tu trouves que ce n’est pas un grave problème ? Mais tu es inconsciente ! Tu ne te rends pas compte……….. avec mes parents…

 REMI ( l’interrompant)

 Marc, laisse la parler. Attendons d’avoir tous les éléments en main .Elle est venue parler : qu’elle le fasse. !

 (S’adressant à Lise)

 Tu dis que le problème de ta grossesse n’est pas le vrai problème. Alors ou est il ce problème ?

 LISE

 Je tiens tout d’abord à dire que je n’approuve pas ce que vous a dit mon frère Robert. Il veut tirer un bénéfice de la situation.. Je trouve ça dégoutant

 MARC

 Ca me fait plaisir que ton jugement sur ton frère rejoigne le notre. Maintenant , parle, nous t’écoutons.

 LISE

 Je suis enceinte. Il y a deux solutions. Je garde le bébé ou je vais subir une IVG. Je ne veux pas d’une IVG. Je garderai donc l’enfant

 MARC

 Mais si cet enfant est de moi, j’ai mon mot à dire, non ? Moi, je préfère une IVG

 LISE

 Bien sûr, pour toi c’est plus simple. Il n’y aurait plus de problème. Mais, moi, je veux garder mon bébé.

 MARC

 Ah !! tu vois ? Tu as dis « mon bébé » tu considères qu’il est à toi et à toi seul. Moi, puisque je n’ai pas droit à la parole, je suis en dehors de ton problème.

 LISE

 C’est quand même un peu simpliste. Tu es le père. C’est une certitude.

 MARC

 Mais alors, ou veux tu en venir ? Je n’y comprends rien !

 REMI ( a Marc)

 Laisse la parler. Qu’elle dise ce qu’elle a à dire jusqu’au bout. Tais toi un peu Marc.

 LISA

 Merci Rémi. Donc, cet enfant, c’est moi qui le porte, et je veux le garder .Mon frère est totalement en dehors du problème et ne retirera aucun bénéfice de la situation. D’ailleurs, nous nous sommes disputés et nous ne nous reverrons plus.

 Jusqu’à l’accouchement, je n’ai besoin de rien, ou plus exactement, je me débrouuillerai seule pour faire face aux quelques dépenses. Lorsqu’il sera né, ce sera un autre problème.

 Il est certain, Marc, que nous ne nous connaissons pas beaucoup. Je comprendrais parfaitement que ton envie de te marier avec moi, ne te soit pas très agréable. D’ailleurs moi-même……

 MARC

 Quoi ? Tu ne me trouves pas assez bien pour toi ? Quel culot !!

 LISE

 Ah bon ? Alors, marions nous.

 MARC

 Mais je n’ai pas dit ça ! je ne veux pas me marier avec toi, avec ou sans enfant.. Mais c’est toi qui a dit…

 LISE

 J’ai dit que moi non plus je ne désirais pas me marier avec toi.

 MARC

 Mais enfin que me reproches tu ?

 REMI

 Ecoute, Marc ! Il faudrait que tu cesses de faire l’idiot. Elle ne veut pas se marier avec toi, tu ne veux pas te marier avec elle, donc sur ce plan tout est bien. Laisse là continuer

 MARC

 Mais elle est vexante. Pourquoi ne veut elle pas se marier avec moi ? Que me reproche t elle ?

 LISE

 Et toi que me reproches tu pour ne pas vouloir te marier avec moi ?

 MARC

 Mais ce n’est pas la même chose, ça n’a rien à voir !

 REMI

 Vous êtes des gamins !!! Allez vous parler sérieusement, enfin ? La venue d’un enfant est une chose grave. Tu nous as dit, Lise que tu avais des choses à dire. Dis les, et toi Marc, arrète de l’interrompre à tout bout de champs/

 LISE

 Rémi, vous êtes un sage. Donc, j’attends un enfant. Il est de Marc, mais je ne veux ni d’IVG, ni de mariage avec Marc. Je veux me débrouiller seule. Il n’y a qu’une seule chose que je veux demander à Marc. Je voudrais que lorsque l’enfant naitra, Marc le reconnaisse et lui donne son nom. Je veux que légalement mon enfant ait un père, même s’il ne doit pas le voir de toute sa vie. Je m’arrangerai avec l’enfant quand il sera en age de comprendre. Je te promets, Marc, qu’aprés avoir reconnu l’enfant, je ne te demanderai plus rien

 MARC

 Tu es drole, toi ! Si je reconnais l’enfant j’aurais des devoirs envers lui, et puis mes parents..

 REMI

 Si je puis me permettre, Marc, il ne me semble pas nécessaire que tes parents soient au courant puisque Lise s’engage à ne jamais rien te demander après la reconnaissance.

 MARC

 Elle s’engage, elle s’engage…….Elle s’engage aujourd’hui, mais qui me dit que plus tard…Tu es drôle, Remi !!

«  c’est sans danger, puisque Lise veut avant tout que son enfant ait un père, tu n’as qu’a le reconnaître !! »

 ( un long moment de silence)

REMI

 Réfléchis bien, Marc ! Lise ne te demande pas grand-chose. Pour son futur enfant, elle ne veut pas être une fille mère. Elle te demande simplement de le reconnaître, et te décharge de tous tes devoirs envers l’enfant. C’est le moins que tu puisses faire, et cela ne t’engage pas beaucoup.

 MARC

 Mais enfin, je ne veux pas reconnaître un enfant…dont je ne suis même pas certain d’être le père

 REMI

 Tu es sûr de ne pas vouloir faire ce que Lise te demande ?

 MARC

 Non. Je ne veux pas

 Un très long silence

 REMI ( à Lise)

 Si je reconnais l’enfant à sa naissance, peux tu t’ engager envers moi de ne jamais rien me demander ?

 LISE

 Oh ! Tu es vraiment chic Rémi.Je m’y engage, devant témoin, et je te signerais un papier si tu le désires. D’ailleurs, tu as une sécurité absolue. Tu sais parfaitement que tu n’es pas le père et qu’éventuellement, si je ne tenais pas mes engagements( ce qui ne se produira pas) tu pourrais toujours prouver que tu n’es pas le père par une analyse ADN

 REMI

 Je crois en ta parole, Lise. D’accord. Je reconnaitrai ton enfant

 LISE

 Merci, Remi , merci mille fois. Je suis très heureuse d’attendre un enfant, et il ne portera pas le nom d’une fille mère. J’arrangerai les choses et il n’en souffrira pas.

 MARC ( un peu penaud)

 Décidement, encore une fois, tu es bien meilleur que moi. Tu vas finir par me foutre des complexes.

 REMI

 Mais, non ! il n’y a pas de raisons. Nous avons des situations familiales très différentes qui nous permettent d’agir différemment.

 MARC

 Quand même, Rémi, tu es vraiment un chic type.

 REMI

 Bon. C’est décidé, n’en parlons plus. Je vais préparer un papier que nous signerons tous les trois.

 Le rideau tombe

( A suivre)
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Posté par aristee à 07:30 - Théatre - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

LA HAINITUDE

V

 6 ans plus tard

 Lorsque le rideau se lève, nous sommes dans une salle de séjour confortable.Deux portes à gauche, deux portes à droite, une porte au fond à droite qui mène à l’entrée.

 4 fauteuils, un divan,un meuble télévision fermé, Trois petites tables basses, au fond à gauche, un bar.

 REMI, seul en scène, assis dans un fauteuil, compulse un agenda.

 REMI ( Il parle très fort, en s’adressant à un personne qui est dans la pièce voisine.)

 Chérie, je vois que sur l’agenda, tu as noté à la date d’aujourd’hui à 15 heures « Assureur » De quoi s’agit il ?

 Une voix de femme off ( parlant très fort aussi)

 Oui, j’ai demandé à notre assureur de passer. Tu sais que nous avons aménagé une chambre supplémentaire. Cela va changer notre assurance incendie. Il faut absolument préciser ce changement dans notre police, sinon, nous serions en tort

 REMI

 Tu as très bien fait. ( il regarde sa montre) d’ailleurs il ne va pas tarder, il est trois heures.

 ( Rémi va poser l’agenda sur une petite table et la sonnerie d’entrée retentit.

 REMI

 Laisse, je vais ouvrir ! il y va, et voyant le visiteur pousse une exclamation

 Ah par exemple !! C’est toi ? Comment as-tu su que j’étais là ?

 Rémi entre accompagné de Marc. Ce dernier est très géné.

 MARC

 Figure toi que je n’avais pas fait le rapprochement. On m’a demandé de venir voir un Monsieur Vallet…alors je suis venu, sans savoir que c’était toi.

 REMI

 «  On t’a demandé » Cela veut dire que tu es l’assureur ?

 MARC ( toujours géné)
 . C'est-à-dire que je travaille pour un agent d’assurances. Je suis son employé.

 REMI

 Tu es un employé d’assurances ? Mais…tes études ? Tu réussissais bien si mes souvenirs sont bons.

 MARC

 Oh écoute, je préfère ne pas trop parler de tout ça. J’ai fait des bétises. Tu sais que nous avons vécu 4 mois dans le même studio, et puis j’ai pris un appartement plus grand pour moi tout seul ;

 REMI

 Ca, je sais. Ca m’a d’ailleurs posé de sacrés problèmes pour payer seul le studio, et à cette époque de l’annèe je n’ai pu trouver de colocataire.

 MARC

 Tu as peut être eu des ennuis, mais pas autant que moi. Je me suis mis à jouer, avec le frère de Lise ; Tu te souviens de Lise et de son frère ?

 REMI( souriant)

 Oui. A vrai dire, surtout de Lise.

 MARC

 Et bien, avec son frère, j’ai fait…pas mal de bétises. J’ai joué, j’ai beaucoup perdu. Mes parents ( ma mère surtout) m’ont aidé. Et puis un jour, ils en ont eu marre ( mon père surtout) et ils m’ont fichu à la porte. Depuis je vivotte de petit boulot en petit boulot..

 REMI

 Ce n’est pas joyeux tout ça !!

 MARC

 Non. Ce n’est pas joyeux. Mais tu me parlais de Lise. As-tu de ses nouvelles ?

 REMI

 Oui. Attends une seconde. ( Il crie) Chérie, peux tu venir une seconde ?

 Peu après Lise entre. Marc est médusé

 MARC

 Lise ? Mais qu’est ce que tu fais là ?

 LISE

 Mais je suis chez moi. Et toi que viens tu faire ici ?

 REMI

 C’est lui l’assureur que nous attendions.

 LISE

 Ah, par exemple !!Alors c’est par hasard que tu es venu ?

 MARC

 Tout à fait par hasard ! Alors, comme ça, vous vivez ensemble

 REMI

 Nous sommes mariés, oui !

 MARC ( après un moment de réflexion)

 Et…vous avez des enfants ?

 REMI

 Nous avons un fils de 5 ans et demi.

 Un très long silence

 MARC

 De 5 ans et demi ? Attends, attends…Alors, c’est mon enfant ?

 REMI

 Ton enfant ? Tu plaisantes. C’est avant tout l’enfant de Lise, et c’est aussi beaucoup mon enfant. Je m’en occcupe énormément.

 MARC

 Tout cela est très joli, mais vous le savez c’est moi, le vrai père !

 REMI

 Le vrai père ? Qu’as-tu fait pour lui ? Je te l’ai dit, c’est avant tout l’enfant de Lise. Elle l’a porté pendant neuf mois, pendant lesquels elle a souffert de malaises divers. Elle a souffert ensuite pour l’accouchement, puis, elle l’a nourri, a encore souffert pour le sevrer, a passé des nuits quand il était malade, s’est inquiétée sans arret..etc…

MARC

 Oui, mais c’est moi qui l’ai fait !

 REMI

 Qu’est ce que tu as fait ? Pour toi, ce fut un simple spasme de quelques secondes, et c’est tout. De plus, tu n’as même pas voulu le reconnaître.

MARC

 Tu diras ce que tu voudras, c’est bel et bien mon enfant. Je peux donc faire une recherche en paternité, et je suis sûr de gagner, et….de vous l’enlever. A moins que…

 REMI

 A moins que quoi ? A quoi penses tu ?

 MARC

 Je peux sans difficulté prouver qu’il est mon fils. Je peux donc vous faire beaucoup de mal. Si je renonce à ma paternité, ça vaut quelque chose…et même beaucoup, non ? Pensez ce que vous voulez, mais dans ma situation…..

 LISE

 Décidemment, mon frère a un excellent élève. Tu es aussi abject que lui

 MARC

 Abject, abject…je ne discute pas. Mais ce qui est important, c’est que, j’ai un fils, et cela non plus ne se discute pas. Alors ? Vous y tenez à votre garçonnet ? A combien l’évaluez vous. ?

 REMI

 Mais enfin, tu plaisantes ? Tu n’es pas devenu comme ça ?

 MARC

 Si. Malheureusement, j’y suis contraint. Alors combien ?

( A suivre)
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Posté par aristee à 07:25 - Théatre - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

LA HAINITUDE

 LISE

 Rien du tout !

 MARC

 Tu veux donc que je fasse reconnaître ma paternité, et que je prenne le petit un week end sur deux et pendant la moitié des vacances ?

 LISE

 Non. Je ne veux rien de tout cela, et tu n’auras rien ! Légalement, notre fils a un père et une mère, eux même mariés. Tu peux abandonner tes illusions. Tu ne tireras pas un sou de nous.Et tu n’as pas intérêt à insister.

 MARC

 Ah oui ? Et comment vas-tu t’y prendre pour que je ne sois pas reconnu comme étant le père de notre enfant. ? Tu m’as volé mon enfant en ne me disant même pas que nous allions en avoir un.( en tous cas, tu ne pourras pas prouver le contraire) Comment je vais m’y prendre ? .C’est très simple. J’ai appris incidemment que j’avais un enfant de toi. Je trouverai des anciens copains de Fac pour témoigner de notre liaison à l’époque de la conception et une expertise ADN confirmera mes dires.

 LISE

 Tu as la mémoire courte. Souviens toi. Nous avons eu une discussion, quand mon frère a voulu monnayer ma future maternité. Je ne t’avais demandé qu’une seule chose : c’est que tu reconnaisses l’enfant, et après, je m’engageais à ne rien te demander. Tu as refusé.C’est alors que Rémi, qui ne me connaissait qu’à peine a bien voulu reconnaître mon bébé à la naissance.

 En bon juriste, Rémi a voulu que nous mettions tout noir sur blanc, et en particulier ton refus de reconnaitre ta paternité.J’ai laissé faire, quoique…bon, je n’insiste pas J’ai conservé mon exemplaire. Tu n’as aucune chance d’obtenir quoique ce soit. Mon pauvre Marc, il faudra que tu trouves autre chose.

 MARC ( après un moment de silence)

 Si tu me faisais voir ton contrat d’assurances ? C’est pour ça que je suis venu.

 REMI

 Je ne comprends pas, non je ne comprends pas ! J’ai eu l’occasion de voir tes parents, qui sont des personnes très correctes. Toi-même, tu étais un parangon d’ordre. Comment as-tu pu changer à ce point ? Quand as-tu arrété tes études ? Qu’as-tu fait depuis ?

 MARC

 Fous moi la paix. Je suis un salaud et je le sais. Toi, tu es la bonté incarnée. Bon. C’est comme ça, on ne peut rien y faire. Fais moi voir ton contrat, et plus tot je partirai mieux je me porterai. Tu me fous des complexes.

 REMI

 Si tu te sens compléxé, c’est que tout n’est pas mauvais en toi. Tu es un garçon intelligent. Tu as eu des problèmes, mais il n’est pas trop tard pour que tu reviennes dans la normalité.

 MARC

 Bon. Il faut que je te parle brutalement ? Je déteste me trouver en ta présence. Heureusement, cela n’arrive pas souvent. Quand tu es devant moi, je regrette ce que je suis, et c’est extrèmement désagréable. Je préfère m’accepter comme je suis. Alors, je te le demande une dernière fois : Fais moi voir ton contrat d’assurance, je te ferai une proposition de modification, et je partirai en vitesse, rejoindre mon monde à moi.

 REMI

 Sur le plan assurance, le problème est simple. Tu ajoutes une pièce au contrat actuel et tu me dis quelle est l’augmentation de la prime.

 MARC ( il sort de sa serviette un tarif, et après consultation il dit)

 Cela te fera une augmentation annuelle de 12 euros hors taxe. Si tu es d’accord, je te ferai établir un avenant.

 REMI

 D’accord. Peux tu me l’apporter pour la régularisation ?

 MARC

 Evidemment non. Tu le recevras par la poste. Allons, au revoir…et j’espère, adieu !

 REMI

 Donne moi ton adresse personnelle. On ne sait jamais. Je suppose que ton activité actuelle ne te donne pas satisfaction, et si par hasard, je viens à connaître un poste plus valorisant, je t’en ferais part.

 MARC

 Mais enfin, qu’est ce que tu as à vouloir jouer les saint Bernard ? Je ne te demande rien. Et bien plus, je ne veux rien te devoir. Alors fiche moi la paix.

 Marc sort

 REMI à Lise

 Le malheureux

 Et le rideau tombe.

Posté par aristee à 07:20 - Théatre - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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